Introduction

Ce site présente une recherche, menée en collaboration, qui porte sur l'expérience de consommation dans un cadre urbain et festif.

Pour développer cette recherche, une étude ethnographique et qualitative a été menée.

Elle aboutit à des résultats intéressants : elle montre que le cadre de l'expérience particulier, un lieu urbain, permet de voir la notion d'expérience de consommation sous un angle nouveau. La place Saint Pierre à Toulouse est en effet le théâtre de confrontations qui portent sur une expérience de consommation.

Cette expérience est analysée dans le cadre d'une analyse des rituels hypermodernes. Nous abordons le consommateurs hypermoderne comme un individu qui cherche là vivre des expériences, mais au sein d'une pratique ritualisée.

Nous amenons l'idée que si l'expérience peut être vécue, elle peut aussi être subie. C'est-à-dire que les expériences qui sont vécues par certains consommateurs peuvent être gênantes, être considérées comme des nuisances par d'autres personnes.

La notion de transgression de l'expérience est fondamentale pour comprendre les réactions des différents acteurs.
Lundi 21 août 2006 1 21 /08 /Août /2006 12:05
Doctorant à l'IAE Toulouse,
Enseignant en écoles de management,
Consultant quand j'ai le temps.

Le courant expérientiel du marketing est une opportunité à ne pas négliger pour sortir le marketing de son ornière positivo-quantitativiste. Je pense que l'approche quantitative est indispensable pour répondre à certaines problématiques, mais elle a trop longtemps été la seule.

Le travail présenté ici est co-écrit. Karim fait sa thèse sur l'exprientiel et m'a "initié" à ce courant. Il faut dire que, si les travaux commencent à être nombreux sur la question, je crois qu'il y a encore beacoup à dire... J'espère développer d'autres travaux sur la question.
L'approche urbaine de l'étude provient de mon travail doctoral sur la marque de ville. S'intéresser à un objet non-marchand comme cadre d'étude élargit considérablement les possibilités de réflexion.
Par boris maynadier - Publié dans : Les auteurs
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Lundi 21 août 2006 1 21 /08 /Août /2006 11:49
Le mot est lâché. On a besoin d’authenticité. Véronique et Bernard Cova  savent bien le dire dans leur article Les particules expérientielles de la quête d’authenticité du consommateur.

Les économistes, Florida, Pine et Gilmore, utilisent le même terme en l’opposant à la « McDonaldisation » ou la « Disneyfication » du monde. Trop de plastique dans les décors, trop de toc et de faux. Trop d’artificialité calculée dans la volonté de produire des expériences pour le consommateur. Il y a d’autres auteurs, nombreux, à tenir ce discours et à mettre en garde les praticiens.

Notre étude sur le contexte urbain toulousains d’une place bordée de bars est instructive sur le thème de l’authenticité : la ville produit – encore – une expérience authentique. L’étude qualitative montre que jamais les consommateurs n’ont l’impression de participer à une consommation markétée. D’ailleurs, même les propriétaires de bars n’ont pas l’impression de faire du marketing. Ils en font, cependant, c’est indéniable. Mais ils pratiquent ce marketing qui passe inaperçu et qui ne sent pas le « faire le plus de fric possible la plus souvent possible ».

Les villes ont tendance à Disneyfier leurs centres, elles se muséifient. C’est dommage. Elles vont se heurter à leur tour au problème de l’authenticité. Quel intérêt de visiter une ville qui ressemble à un musée ? Quel intérêt de flâner dans une ville lisse, trop propre, sans vie, sans risque, sans possibilité d’une expérience imprévue ?

Le concept d’appropriation est intéressant, notamment amené par Ladwein. Le touriste s’approprie – essaie de s’approprier -  la ville, notamment par la photographie. Mais attention, tout ce que visite classiquement un touriste caricatural – musées, circuits préparés, etc. – est hors de portée de toute appropriation véritable : on n’a pas le doit de toucher, de transformer. Une image sur une photo est toujours quelque chose qui vous échappe fondamentalement.

La transgression, ou la possibilité de transgression, est essentielle. Il s’agit d’un facteur de liberté fondamental. C’est même probablement une des conditions d’une expérience qui fonctionne, au moins pour les expériences qui ont une vraie durée.

A-t-on toujours besoin d’authenticité ? Il semble qu’une boutique hyper designée, que les parcs Disney et consorts soient très attirants (pas pour tout le monde, certes) . Ils le sont car ils ne sont pas le monde normal. Ils sont attirants par opposition à un quotidien fait de libertés, de transgressions et plein des angoisses et peurs hypermodernes (Lipovtesky, 2006) qui sont livrées avec.

Un individu angoissé peut avoir très envie d’un environnement sans risque et sans surprise, sans cette authenticité qui met face à la réalité du monde contemporain. Mais ô combien serait plus effrayant un monde, des villes entières, gérées sur le mode de l’inauthenticité expérientielle, produisant ainsi un monde lissé et sans risque, claustrophobe et oppressant, sans transgressions ni conflits bref, sans intérêt aucun. Ce qui peut convenir à certains lieux de vente ne correspond pas à ce que l’on peut attendre des villes par exemple, à moins d’apprécier les fameuses « gate communities ».
Par boris maynadier - Publié dans : problématique
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Lundi 21 août 2006 1 21 /08 /Août /2006 11:40
Le marketing peut être subi.
Les mouvements altermondialistes qui font du marketing leur bouc émissaire le font assez comprendre : on peut ne pas entrer dans le jeu du marketing, ne pas y participer et, comme le marketing est omniprésent, on le subit.

Mais c’est un type d’expérience de marketing et de consommation particulier que les mouvements altermondialistes ne dénoncent pas qui nous intéresse pourtant.

Dans notre étude, une expérience de consommation vécue par certains est subie par d’autres. L’expérience peut être qualifié d’authentique (Cova et Cova, 2002), elle laisse une grande marge de liberté aux consommateurs, elle permet de nombreuses transgressions et a lieu dans un lieu urbain autant qu’un lieu de vente.

Des fêtards font du bruit, sur une place où l’ambiance s’échauffe vite, et empêchent certains habitants de dormir. Ce type de conflit existe dans toutes les villes qui bénéficient d’une vie nocturne. Habitants versus fêtards : la vie du lieu, sa position dans la ville, sa dimension symbolique sont en jeu.

Ce qui intéressant, c’est que les parties en présence mettent en jeu un tiers, la municipalité, pour gérer le problème. D’une gestion marketing, on passe à une gestion politique dans laquelle la dimension marketing ne peut être négligée. Ce qui est mis en jeu, c’est le potentiel démocratique de la ville face à une expérience de consommation.

Nous sommes face à un processus hypermoderne remarquable : comment faire la ville, comment gérer sa vie en conciliant des positions qui le sont difficilement, conciliables ? Comment la politique peut réagir face à ce type d’expérience et aux transgressions qui en découlent ?

Mettre fin à la vie nocturne et à un lieu de socialisation important de la ville, à un  lieu marquant de sa culture, ou contenter les habitants qui semblent dans leur bon droit ? Le choix est de nature politique, donc démocratique.

Le marketing peut fournir des pistes de réflexions avec la compréhension de l’expérience de consommation, les approches de l’expérience transgressée et subie, l’expérience de la ville, de l’habitant et du consommateur…
Par boris maynadier - Publié dans : Implications théoriques et managériales
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Lundi 21 août 2006 1 21 /08 /Août /2006 11:34
Ethnologie : l’approche ethnologique, principalement l’observation phénoménologique, permet de saisir de nombreux comportements dans un cadre urbain. La photographie est alors un outil précieux, dont il faut cependant savoir se méfier.


On sait que faire une photo revient à construire une image, proposer un cadre, à définir ce qui est et ce qui n’est pas dans le champ de l’image. Dès lors, l’image n’est pas neutre.

Il convient donc, dans l’analyse, de prendre en compte le hors champ en tant qu’il influence ce qui est dans le champ de l’image. Quelqu’un tourne la tête vers un objet hors champ ? Qu’est-ce ? À quelle distance ? Là, c’est le carnet de terrain qui est très utile. Il faut savoir l’utiliser comme complément à la photographie, pour saisir à la fois ce qui n’est pas visuel et ce qui échappe au cadre.
Par boris maynadier - Publié dans : Ethnographie
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Lundi 21 août 2006 1 21 /08 /Août /2006 11:32
Nous proposons les deux méthodes – entretiens individuels et observation ethnographique – comme complémentaires. D’autres auteurs l’ont fait avant nous et nous appuyons dans ce sens.

L’observation phénoménologique ne peut se suffire. Elle ne peut percevoir ce qu’il y a derrière l’image, derrière la perception puisqu’elle s’en contente. Il n’y a, pour la phénoménologie, pas d’inconscient. Rien derrière le perceptible.

Les entretiens permettent d’aller loin  dans la compréhension des choses, sans pour autant les percevoir toutes. Interviewer les gens, c’est prendre le risque de leurs subjectivités sans le regard porté par le scientifique.

Le qualitatif a autant besoin de l’observation que l’observation a besoin de l’approche qualitative. Bien entendu, dans une démarche épistémologique qui n’est pas purement phénoménologique.
Par boris maynadier - Publié dans : Ethnographie
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